Ruralité

Les territoires ruraux sont indéniablement désavantagés par rapport aux pôles urbains : disparition des services publics, absence de couverture mobile et de haut débit, désertifications médicale et culturelle, faible attractivité économique et problème de recrutement, mobilité difficile due au manque d’infrastructures routières et ferroviaires. Toutefois, force est de constater que certains départements ruraux sont en avance en termes de développement et de capacités, résultat d’un volontarisme politique qui a su mobiliser les forces et les avantages des territoires.

Les territoires ruraux regorgent de forces dont il est capital de tirer parti. Qu’ils s’agissent de lieux touristiques hors-normes, de la présence d’entreprises de toute taille et donc de savoir-faire particuliers, de ressources naturelles en abondance, les départements ruraux doivent savoir profiter de ces avantages pour ainsi trouver la voie de la revitalisation.

De nombreuses initiatives locales ont été mises en œuvre dans ces territoires afin de pallier le retard pris sur les pôles urbains. Il s’agira de s’inspirer de ce qui a pu être fait et d’adapter ces bonnes pratiques aux spécificités des territoires.

Priorité n°1 : le haut-débit pour tous

La revitalisation ne se fera pas sans la mise en place ou la modernisation d’une couverture numérique performante pour l’ensemble des habitants et des entreprises. La couverture numérique et la présence du haut-débit sont en effet les premières questions que les entreprises posent lorsqu’elles souhaitent s’installer sur un territoire. Dans un monde toujours plus numérisé où un nombre croissant de démarches, même administratives, doit se faire de manière dématérialisée, les territoires ruraux ne peuvent faire l’impasse sur ce critère.

Il existe toujours de nombreuses zones blanches, comme par exemple celles de la Dordogne qui font d’ailleurs l’objet d’une focale par le plan « France Haut-Débit ». Une rentabilité négative dissuade les opérateurs d’y investir. Les collectivités locales doivent prendre les choses en main là où les opérateurs ne veulent pas aller, ainsi certaines ont installé des antennes pour que les habitations les plus isolées puissent bénéficier d’une couverture numérique. De la même manière, le département de la Haute-Saône a énormément investi pour le haut-débit et la mise en place de « Haute-Saône Numérique » a installé le haut-débit en tout point du département.

Des services publics adaptés aux territoires

Si la disparition des services publics est un problème qui fait l’unanimité, les territoires peuvent accepter une modernisation et une restructuration dans la mesure où ils sont accompagnés. Comme écrit précédemment, la dématérialisation des services ne peut se faire qu’avec une couverture numérique performante, c’est la raison pour laquelle les zones dépourvues de couverture ne doivent pas faire l’objet dans un premier temps de restructuration en termes de services publics. Il conviendra également d’avoir une réflexion spécifique à destination des publics âgés et non-connectés, particulièrement importants dans des zones vieillissantes.

Certaines collectivités ont mis en place des bornes de service public rassemblant en un même lieu une multitude de services (CAF, Direction des finances publiques, Poste…). Ce système fonctionne et a même pu attirer une population nouvelle sur les territoires concernés. De même, certaines communes, en coopération avec la Poste, ont mis en place des agences postales communales dans lesquelles les habitants peuvent venir faire leurs démarches administratives.

Seule l’éducation et la santé ne peuvent être dématérialisées. L’absence d’écoles ou de centres hospitaliers à proximité est un des plus grands freins à l’installation et une forte incitation au départ. Dans les zones tendues, le maintien de ces services est indispensable. 

Emploi disponible vs. Travail indisponible

De très nombreuses entreprises, parfois historiques, sont présentes dans les départements ruraux et sont indispensables à la vie économique de ces territoires. Certaines zones manquent toutefois cruellement d’activité et il est nécessaire d’apporter aux entreprises des facilités (financières par exemple) pour les inciter à s’installer. Paradoxalement, alors que certains départements subissent un fort taux de chômage, de nombreuses entreprises ont du mal à recruter. La faible attractivité des entreprises et du territoire due aux problèmes soulevés précédemment doivent pousser les entreprises à trouver de nouvelles solutions pour attirer et fidéliser le travail.

De nouvelles difficultés conjoncturelles peuvent voir le jour, c’est le cas notamment de Paris 2024 qui risque d’aspirer la main-d’œuvre des entreprises rurales qui n’auront d’autre choix que de s’aligner sur les salaires ou apporter de nouveaux avantages aux salariés pour les conserver.

Des schémas innovants dans le processus de recrutement semblent donc nécessaires. L’offre des entreprises doit devenir plus globale : emploi + conjoint + logement. Pour recruter une personne il faut recruter le couple, et cela passe notamment par une solution d’emploi ou une aide apportée au conjoint pour trouver un emploi dans la même zone géographique. C’est également ce type de démarche qui doit prévaloir pour attirer des professionnels de santé dans les zones rurales en proie à une désertification médicale.

De plus, les contraintes de mobilité étant un frein au recrutement, il apparaît nécessaire pour les communes et les entreprises d’investir dans l’immobilier ou d’utiliser le parc disponible, notamment le meublé qui pourra être loué aux apprentis et aux salariés à proximité des entreprises. Toutefois, si le logement est nécessaire, l’investissement doit prendre en compte les projets ponctuels qui peuvent être une source de déstabilisation du territoire. Enfin, le développement du télétravail pour les professions qui le permettent sont un excellent moyen de pallier les problèmes de mobilité liés à l’éloignement du domicile et de faire vivre également les communes de résidence et non plus seulement les celles où se trouvent les entreprises (par exemple, les zones rurales proches de grandes métropoles).

Pour faire correspondre une offre et une demande de travail, la question de la formation est primordiale. Il est souvent difficile pour les entreprises situées en milieu rural de recruter des salariés qui ont un niveau de formation situé entre bac et bac+3. Au-delà de la nécessité de redorer l’image de certains métiers, il s’agit d’établir une offre de formation pertinente adaptée aux territoires et aux spécificités des bassins économiques. Si les entreprises ont les capacités de former en interne, il est possible de diriger les bonnes personnes aux bons endroits par la création d’un réseau interentreprises qui s’échangerait par exemple les C.V.

Parallèlement, pour conforter les entreprises locales, une clause environnementale pourrait être intégrée dans les marchés publics ce qui leur en faciliterait l’accès en valorisant un impact positif sur l’environnement du fait de déplacement réduit vers les chantiers et lieux de réalisation des marchés.

Une offre associative forte

Le tissu associatif peut être un excellent relai pour s’occuper de certaines problématiques. Les associations s’occupent particulièrement des plus jeunes et des séniors. Certaines font vivre les traditions (ex des fêtes rurales) et la culture locale. De façon classique, le tissu associatif est vital pour la vie des campagnes. D’autres associations parfois nationales peuvent également intervenir dans la vie des campagnes.

Mais les associations subissent aussi la réduction de la dépense publique qui conduit à fragiliser leur modèle économique et financier. Plusieurs pistes peuvent être étudiées pour leur donner les moyens d’assurer le développement de leurs projets :

• Favoriser l’essor du congé engagement, créé par La loi Egalité et Citoyenneté, et du congé solidaire dans les entreprises

• Réformer le droit des associations afin de redonner aux associations financées par les pouvoirs publics, plus d’autonomie dans leur gestion.

• Imposer un échéancier et des délais maximum de règlement des subventions aux ministères et établissements publics, pour préserver la trésorerie des structures. L’Etat incitera les collectivités territoriales à s’y engager.

• Améliorer l’accès des associations aux financements (prêts, fonds propres) en définissant des méthodes d’analyse de leur solidité et perspectives à moyen terme tenant compte de leurs spécificités (valorisation du bénévolat, de la fidélité des bénéficiaires, de l’ancrage territorial ». ...).


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