Ruralité

Cette seconde réunion plénière a été l’occasion d’auditionner M. Bernard Pecqueur, Professeur à l’Université de Grenoble, membre du groupe de recherche Villes et Territoires.

Les échanges ont porté sur la dynamique de développement territorial et l’utilisation des ressources comme facteur d’attractivité. Bernard Pecqueur a proposé de combattre les idées reçues qui sous-entendent qu’il y a des territoires développés et d’autres « sans avenir » par manque de ressources. Il faut selon lui changer de méthode et de regard et réfléchir localement aux axes de développement territorial.

Les ressources ne renvoient pas uniquement à l’économie ou à l’emploi. Le prisme de réflexion des élus doit aller au-delà et veiller à ne pas faire entrer leurs communes en concurrence sur des ressources semblables mais, au contraire, créer de nouvelles ressources. Un territoire c’est un groupe d’acteurs qui comprend qu’il y a un problème, qui l’évoque, en débat et essaye de le résoudre dans un espace culturel donné. C’est ainsi que sont trouvées et créées de nouvelles ressources qui
peuvent stimuler les territoires.

Une région, un département, une commune ont toujours quelque chose à valoriser, toujours. Parfois, les inconvénients d’un territoire peuvent même se transformer en avantages. L’exemple de l’intercommunalité de l’Alpe d’Huez dont le développement basé sur les activités de sports d’hiver stagnait a été donné. Territoire montagneux, l’agriculture et l’industrie étaient difficiles à implanter.
Durant 6 mois, élus, associations et citoyens se sont concertés pour trouver des solutions afin de dynamiser ce territoire spécifique. Ville-étape du Tour de France chaque année (troisième manifestation sportive la plus diffusée et regardée au monde), l’idée a été trouvée de faire de la pente, donc de l’inconvénient, la ressource de développement du territoire. Aujourd’hui la « Bicycle Vallee » permet de valoriser la pente et d’attirer un grand nombre de cyclistes et touristes qui viennent la grimper.

Le diagnostic de territoire n’a pas nécessairement à être réalisé par des agences. Ses habitants, ses acteurs économiques, ses élus, sont tout aussi aptes à déterminer les atouts et à faire émerger le potentiel d’une région par la concertation sur le long terme. Il faut une nouvelle alliance autour de la ressource territoriale entre les élus locaux et les citoyens pour donner de beaux jours aux politiques publiques et aux initiatives locales. Mais la ressource territoriale c’est avant tout un potentiel latent à extraire et à faire grandire et pas nécessairement un point fort évident mais banal. Les potentiels sont souvent innovants mais tant qu’on a pas réfléchi à son territoire, qu’on ne le connait pas, la prise de conscience de ce potentiel est impossible. Il faut donc réfléchir à des formes de stratégies collectives qui vont permettre de révolutionner le territoire.

Par ce biais, il sera possible de le mettre en valeur, voire de créer et valoriser ses spécificités.
Le développement territorial se fait lorsqu’il faut se mobiliser sur un vrai problème donné et trouver des
solutions communes. Le développement rural vient de là, de l’envie de faire évoluer son territoire.
Ces réflexions ont permis de débattre avec les parlementaires présents autour des problèmes rencontrés avec les cabinets sensés permettre le développement territorial. Ces derniers ont tendance à avoir des idées préconçues de la ruralité et à appliquer de simples « formules pour territoires ruraux » ou à une sorte de copié-collé méthodologique : développement du numérique, de l’urbanisme, ... alors que les territoires ruraux sont multiples et qu’il y a autant de territoires que de façon de les aborder.

Les participants sont tombés d’accord pour dire qu’une pédagogie de développement territorial doit être initiée par la concertation avec les citoyens, sur l’idée qu’il faut apprendre à créer sa spécificité, utiliser le potentiel humain pour innover à partir des difficultés rencontrées et développer des leaderships pour porter les projets et les territoires.

Plusieurs députés présents ont parlé des bonnes pratiques en termes de développement territorial, il est proposé de les recenser au niveau du groupe.

En conclusion, Bernard Pecqueur a rappelé que la question de la durabilité (agriculture, énergie, …) se pose et qu’il est nécessaire de s’en saisir pour créer des spécificités territoriales.


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