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Article de La Croix - mardi 29 mai 2018

Le gouvernement a décidé d’accorder la carte du combattant et ses avantages aux soldats déployés en Algérie après la fin de la guerre, entre 1962 et 1964.

C’était une question d’équité. Les militaires français présents en Algérie entre le 2 juillet 1962 et le 1er juillet 1964, après les accords d’Évian qui ont mis fin à la guerre, vont désormais bénéficier de la carte du combattant.

Lors de la campagne présidentielle de 2017, Emmanuel Macron s’était engagé à leur attribuer, le gouvernement vient de le décider. Près de 49 800 personnes, dont une majorité d’appelés, seraient potentiellement concernées par cette mesure qui sera mise en œuvre dans le projet de budget pour 2019 et devrait constituer un effort de 30 à 35 millions d’euros par an.

Outre le port de la Croix du combattant, la carte du combattant donne droit à une retraite d’un montant de 749 € par an, offre à partir de 75 ans une demi-part supplémentaire de quotient familial pour le calcul de l’impôt sur le revenu et permet de souscrire une rente mutualiste. Jusqu’à présent, seul le titre de reconnaissance de la Nation était accordé aux soldats de 1962-1964.

Plus de 500 hommes tués ou portés disparus entre 1962 et 1964

« Ils n’ont jamais pu bénéficier de la carte du combattant et des avantages qui s’y attachent, comme peuvent la recevoir aujourd’hui ceux qui sont déployés hors du territoire national dès lors que la France agit dans le cadre de ses obligations internationales », a souligné Geneviève Darrieussecq, secrétaire d’État auprès de la ministre des armées.

La qualité de combattant a en effet été étendue par une réforme de 1993, améliorée en 2015, aux militaires présents au moins quatre mois dans les opérations extérieures (Opex). Les autres conflits permettant l’obtention de la carte sont la Seconde Guerre mondiale, les guerres d’Indochine et de Corée, les combats en Tunisie entre 1952 et 1962, les combats au Maroc entre 1953 et 1962 et la guerre d’Algérie entre 1954 et 1962.

Les associations du monde combattant, relayées par des parlementaires, réclamaient de longue date cette extension de la carte, rappelant que plus de 500 hommes avaient été tués ou portés disparus entre 1962 et 1964.

Une attribution plusieurs fois rejetée

En 2014, un premier geste a permis d’étendre le bénéfice de la carte à 12 000 militaires justifiant d’un séjour de quatre mois en Algérie entamé avant le 2 juillet 1962 et s’étant prolongé au-delà sans interruption.

Mais pour les autres, cette possibilité était régulièrement refusée au motif que l’état de guerre avait cessé le 2 juillet 1962. « L’attribution éventuelle de la carte du combattant aux militaires ayant servi en Algérie jusqu’au 1er juillet 1964 reviendrait à considérer que l’état de guerre sur ce territoire aurait continué jusqu’à cette date, ce qui est contraire à la vérité historique », répondait le gouvernement Valls à la question écrite d’un sénateur en 2016.

En avril, une proposition de loi du député Les Républicains Gilles Lurton a été rejetée. Dans son exposé des motifs, il écrivait : « Il est des abandons qu’il est difficile d’assumer ; il est des renoncements qu’il est impossible à justifier. »


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